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Art et mode : les grandes collaborations, de Schiaparelli à Saint Laurent
Art et mode s’inspirent depuis un siècle : Schiaparelli et Dalí, la robe Mondrian de Saint Laurent, Warhol, Murakami et le musée YSL de Marrakech.

L’essentiel
- Art et mode échangent depuis le début du XXe siècle : Raoul Dufy dessine des tissus pour Paul Poiret, Sonia Delaunay crée ses robes « simultanées » dès 1913.
- En 1937-1938, Elsa Schiaparelli et Salvador Dalí signent la robe homard, le chapeau-chaussure et la robe squelette, sommets du surréalisme appliqué au vêtement.
- La robe Mondrian, en jersey, fait partie des vingt-six modèles de la collection automne-hiver 1965 d’Yves Saint Laurent, inspirés du peintre néerlandais.
- Le pop art a rapproché les deux mondes : Warhol commence comme illustrateur de mode, Murakami réinvente le monogramme Louis Vuitton de 2003 à 2015.
- Au Maroc, le musée Yves Saint Laurent de Marrakech, ouvert au public le 19 octobre 2017 près du jardin Majorelle, expose une cinquantaine de modèles par rotation.
Sommaire de l’article
- L’essentiel
- La mode est-elle un art ?
- Mode et art déco : quand les peintres dessinent les tissus
- Schiaparelli et Dalí : le surréalisme sur les robes
- Saint Laurent et Mondrian : la robe qui a fait connaître un peintre
- Pop art et mode : Warhol, Murakami et la culture de masse
- Exposition mode et art : la consécration des musées
- Art et mode au Maroc : le musée Yves Saint Laurent, près du jardin Majorelle
- Où voir art et mode réunis : le récapitulatif
- Questions fréquentes
Art et mode s’inspirent l’un l’autre depuis plus d’un siècle : les couturiers empruntent aux peintres leurs formes et leurs couleurs, les artistes trouvent dans le vêtement un support, et les musées exposent aujourd’hui robes et tableaux côte à côte. De Paul Poiret à Takashi Murakami, voici les collaborations qui ont compté, ce qu’elles disent du lien entre les deux mondes, et où les voir, de Londres au musée Yves Saint Laurent de Marrakech.
La mode est-elle un art ?
La mode peut être un art, sans l’être toujours : un vêtement reste d’abord un objet porté, mais certaines pièces sont conçues, signées et conservées comme des œuvres. C’est la position que défendait Elsa Schiaparelli, et que le Victoria and Albert Museum reprend en exergue de l’exposition qu’il lui consacre en 2026.
« Pour moi, dessiner des robes n’est pas un métier, mais un art. »
La différence tient souvent à l’intention et au destin de l’objet. Une veste de prêt-à-porter s’use et disparaît ; une robe de haute couture conservée comme prototype, documentée par ses croquis et exposée sous vitrine, rejoint l’histoire de l’art. Yves Saint Laurent l’avait compris tôt : à partir de 1964, sa maison garde une sélection de prototypes de chaque collection, avec leurs accessoires et leurs archives. La Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent conserve aujourd’hui plus de 5 000 modèles de haute couture.
Les musées ont tranché à leur manière. En 1983, le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art de New York consacre pour la première fois une exposition personnelle à un créateur vivant : Yves Saint Laurent, avec 150 pièces.
Mode et art déco : quand les peintres dessinent les tissus
Le dialogue moderne entre art et mode commence avant la Première Guerre mondiale, autour de Paul Poiret, qui fait travailler des illustrateurs et des peintres. En 1908, il confie à Paul Iribe un album, « Les Robes de Paul Poiret », où ses modèles sont mis en images comme des œuvres graphiques.

Le peintre Raoul Dufy franchit une étape de plus. Vers 1911, Poiret lui confie un atelier pour imprimer ses propres motifs sur tissu, puis Dufy dessine pendant des années pour le soyeux lyonnais Bianchini-Férier. Il reconnaîtra devoir une partie de son œuvre à ces deux rencontres. La frontière entre peinture et textile s’efface : le même dessin peut finir sur une toile ou sur une robe.
Sonia Delaunay va plus loin encore, puisqu’elle est à la fois peintre et créatrice. Dès 1913, elle assemble sa première robe « simultanée », faite de pièces de tissus géométriques aux couleurs contrastées, comme ses tableaux. En 1925, à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, celle qui a donné son nom au style Art déco, elle présente ses tissus et ses vêtements et dépose la marque « Simultané ». Quand on cherche des exemples de mode Art déco, c’est chez elle que la parenté avec la peinture abstraite est la plus visible ; nous détaillons ces débuts de l’abstraction dans notre article sur la peinture abstraite.
Schiaparelli et Dalí : le surréalisme sur les robes
La collaboration la plus célèbre entre un artiste et une couturière est celle d’Elsa Schiaparelli et de Salvador Dalí, à la fin des années 1930. Schiaparelli, née en 1890, lance sa première collection en 1927 sans formation de couturière ; cinq ans plus tard, selon le V&A, sa maison emploie 400 personnes et produit plus de 7 000 vêtements par an. Elle travaille avec Jean Cocteau, Meret Oppenheim et surtout Dalí.
Leurs pièces les plus connues :
- La robe homard (février 1937) : une robe du soir en organza de soie sur laquelle est imprimé un grand homard dessiné par Dalí. Wallis Simpson l’achète pour son trousseau avant d’épouser le duc de Windsor. Schiaparelli a donné son propre exemplaire au Philadelphia Museum of Art en 1969.
- Le chapeau-chaussure (1937-1938) : un escarpin renversé en feutre, porté sur la tête. Il dérive d’un dessin de Dalí, lui-même inspiré d’une photographie de 1933 où Gala avait posé un soulier de femme sur la tête de son mari.
- La robe squelette (été 1938, collection « Cirque ») : une robe noire en crêpe de soie dont les os, les côtes et la colonne vertébrale sont rembourrés en relief. Le V&A conserve la robe squelette (nouvel onglet), le seul original connu.
- La robe aux déchirures (même collection) : un fourreau bleu pâle imprimé de faux accrocs roses et magenta, avec un voile assorti.
Ces vêtements fonctionnent comme des tableaux surréalistes : ils mettent un objet à la mauvaise place, jouent avec le corps et dérangent. Jusqu’au 15 novembre 2026, le V&A de Londres présente « Schiaparelli: Fashion Becomes Art », première exposition consacrée à la créatrice au Royaume-Uni, des années 1920 à la maison actuelle dirigée par Daniel Roseberry.
Saint Laurent et Mondrian : la robe qui a fait connaître un peintre
La robe Mondrian est une robe de cocktail droite en jersey qu’Yves Saint Laurent présente dans sa collection haute couture automne-hiver 1965, parmi vingt-six modèles inspirés de Piet Mondrian. Selon le Met, le projet naît alors que le couturier lit le livre de Michel Seuphor consacré au peintre ; il place les pinces et les coutures de façon que la grille noire reste droite une fois la robe portée.

Le Centre Pompidou (nouvel onglet) rappelle que Saint Laurent n’a alors que 29 ans, et cite le principe du néoplasticisme selon Mondrian : « seuls les rapports purs, d’éléments constructifs purs, peuvent aboutir à la beauté pure ». L’effet dépasse la mode. Toujours selon le Met, Mondrian, mort en 1944, était presque absent des collections françaises ; c’est après le retentissement de ces robes qu’a lieu sa première rétrospective en France, à l’Orangerie, en 1969.
La robe Mondrian ouvre une longue série d’hommages, que le couturier refusait d’appeler des copies : il voulait, disait-il, tisser des liens entre la peinture et le vêtement.
| Collection | Artiste ou art honoré | Ce que montre le vêtement |
|---|---|---|
| Automne-hiver 1965 | Piet Mondrian | Robes en jersey, lignes noires et aplats de couleurs primaires |
| Automne-hiver 1966 | Tom Wesselmann, peintre pop américain | Robe en jersey parcourue sur toute sa hauteur par un nu féminin |
| 1967 | Art bambara | Hommage aux arts du Mali |
| Automne-hiver 1979 | Pablo Picasso | Veste en laine noire, bleue et ivoire |
| Automne-hiver 1981 | Henri Matisse | Blouse brodée de sequins d’après « La Blouse roumaine » (1940) |
| Printemps-été 1988 | Vincent van Gogh | Vestes « Iris » et « Tournesols » brodées par la maison Lesage |
La veste « Iris » de 1988 résume ce que la haute couture ajoute à la citation d’un tableau : selon le Met, elle porte 250 000 sequins de vingt-deux couleurs et a demandé plus de six cents heures de broderie à la maison Lesage. Ce savoir-faire de la main, qui rapproche la couture de l’artisanat d’art, est le sujet de notre article sur l’art fait main.
En 2022, pour les soixante ans de la première collection, six musées parisiens (Centre Pompidou, Louvre, Orsay, musée d’Art moderne de Paris, musée Picasso et musée Yves Saint Laurent) ont glissé ses modèles dans leurs salles, la robe Mondrian à côté d’une toile de Mondrian.
Pop art et mode : Warhol, Murakami et la culture de masse
Le pop art a rapproché art et mode plus que tout autre mouvement, parce qu’il partageait avec elle la même matière : la publicité, les marques et la célébrité. Andy Warhol vient de la mode. Selon la biographie publiée par le musée Andy Warhol (nouvel onglet), il devient dans les années 1950 l’un des illustrateurs les plus en vue de son temps, pour les chaussures I. Miller, le grand magasin Bonwit Teller ou Tiffany & Co. En 1969, il cofonde Interview, un magazine consacré au cinéma, à la mode et à la culture populaire.
Un objet résume l’époque, avec une précision à apporter. La « Souper Dress » de 1966-1967, une robe en papier couverte de boîtes de soupe, était une opération publicitaire de la Campbell Soup Company, vendue par correspondance. Le Met, qui en a un exemplaire en prêt, souligne qu’elle n’est pas un modèle de Warhol : la marque profitait de la notoriété de ses tableaux de boîtes de soupe. La même année 1966, Saint Laurent rend hommage à Tom Wesselmann. Le pop art et la haute couture parlent désormais la même langue ; pour l’histoire du mouvement, voyez notre article sur le pop art, sa définition et ses artistes.
Takashi Murakami pousse la logique jusqu’au bout. En 2002, Marc Jacobs, directeur artistique de Louis Vuitton, lui demande de réinterpréter la toile Monogram : la version en 33 couleurs sort en 2003, et la collaboration dure jusqu’en 2015. Lors de sa rétrospective « ©MURAKAMI » au Museum of Contemporary Art de Los Angeles (nouvel onglet), du 28 octobre 2007 au 11 février 2008, une boutique Louis Vuitton en état de marche est installée dans l’exposition elle-même. La question posée par Warhol, ce qui sépare l’œuvre du produit, est ici mise en scène sans détour.
Cette ironie sur le luxe est aussi au cœur de plusieurs tableaux de notre collection.
Le même jeu se retrouve sur Mr. Monopoly, avec son haut-de-forme customisé et ses diamants, et sur Royal Rebellion, où la reine trône au milieu de références à Campbell’s.
Exposition mode et art : la consécration des musées
Les musées ont fait de la mode un sujet d’exposition majeur, et le public a suivi. Au Met, les expositions du Costume Institute comptent parmi les plus fréquentées de l’histoire du musée.
- 1 659 647 visiteurs pour « Heavenly Bodies » au Met en 2018, record du musée annoncé cette année-là
- 661 509 visiteurs pour « Alexander McQueen: Savage Beauty » en 2011
- 1983 première exposition du Met consacrée à un créateur vivant, Yves Saint Laurent
- 26 modèles inspirés de Mondrian dans la collection automne-hiver 1965
« Heavenly Bodies », qui confrontait la mode à l’art médiéval et à des vêtements liturgiques prêtés par le Vatican, a dépassé le précédent record du Met, l’exposition « Treasures of Tutankhamun » de 1978 (1 360 957 visiteurs). Ces chiffres expliquent pourquoi tant de musées d’art, et pas seulement les musées de la mode, programment aujourd’hui des expositions de couture.
Art et mode au Maroc : le musée Yves Saint Laurent, près du jardin Majorelle
Au Maroc, le lieu où art et mode se rencontrent le mieux est le musée Yves Saint Laurent de Marrakech, ouvert au public le 19 octobre 2017, à côté du jardin Majorelle. Le lien du couturier avec la ville est ancien : il découvre le Maroc en 1966 et, chaque année, le 1er décembre et le 1er juin, il part quinze jours à Marrakech dessiner sa collection de haute couture. Avec Pierre Bergé, il achète le jardin Majorelle en 1980.
Le bâtiment, d’environ 4 000 m², est l’œuvre de Studio KO, l’agence des architectes Olivier Marty et Karl Fournier. Vu de l’extérieur, c’est un assemblage de cubes habillés d’une dentelle de briques qui évoque la trame d’un tissu ; l’intérieur, lisse et lumineux, est pensé comme la doublure d’un vêtement. La salle Yves Saint Laurent (nouvel onglet), de 400 m², présente une cinquantaine de modèles regroupés par thèmes, dont « l’art », « l’Afrique et le Maroc » et « les jardins ». La robe Mondrian y figure parmi les classiques. Les pièces tournent régulièrement pour leur conservation : deux visites espacées ne montrent pas forcément les mêmes pièces.
La scène marocaine contemporaine prolonge ce dialogue à sa façon. Le photographe et designer Hassan Hajjaj, né à Larache en 1961, a aussi travaillé comme créateur de mode, et cela se voit dans ses images. Dans sa série « Kesh Angels », des jeunes femmes de Marrakech posent sur leurs motos en djellaba, foulard et voile, mais taillés dans des tissus à pois, de camouflage ou léopard ; le Los Angeles County Museum of Art (nouvel onglet), qui conserve une de ces images, y lit une réponse aux stéréotypes occidentaux sur le voile. Son travail, entre mode, photographie et objets de consommation détournés, est présenté en détail dans notre article sur le pop art au Maroc.
Où voir art et mode réunis : le récapitulatif
Si vous voulez voir de vos yeux les pièces citées dans cet article, voici par où commencer.
- Marrakech : le musée Yves Saint Laurent, pour les modèles du couturier et leurs sources d’inspiration, puis le jardin Majorelle et le musée Pierre Bergé des arts berbères, à quelques pas.
- Londres : le V&A, qui conserve la robe squelette, la robe aux déchirures et le chapeau-chaussure, et présente l’exposition Schiaparelli jusqu’au 15 novembre 2026.
- New York : le Costume Institute du Met, dont les expositions comptent parmi les plus fréquentées du musée.
- Paris : le musée Yves Saint Laurent, dans l’ancienne maison de couture de l’avenue Marceau, après sa réouverture prévue à l’automne 2027.
Pour comprendre la peinture qui se cache derrière les robes, deux lectures complètent celle-ci : notre article sur l’art minimaliste, héritier de la rigueur géométrique de Mondrian, et notre guide pour reconnaître une œuvre pop art. Et si c’est le pop art lui-même qui vous attire, notre collection de tableaux pop art en propose une version grand format, à accrocher au mur plutôt qu’à porter.
Dans cet article
Questions fréquentes
Quel est le lien entre l’art et la mode ?
L’art et la mode s’influencent dans les deux sens. Les couturiers empruntent aux peintres des formes, des couleurs ou des motifs, comme Saint Laurent avec Mondrian en 1965. Les artistes utilisent le vêtement comme support, comme Dalí avec Schiaparelli. Et les musées exposent désormais la mode au même titre que la peinture : au Met de New York, l’exposition de mode Heavenly Bodies a attiré 1 659 647 visiteurs en 2018.
Qu’est-ce que la robe Mondrian d’Yves Saint Laurent ?
C’est une robe de cocktail droite en jersey, présentée dans la collection haute couture automne-hiver 1965 d’Yves Saint Laurent. Elle reprend les lignes noires et les aplats de rouge, de bleu et de jaune des compositions de Piet Mondrian. La collection comptait vingt-six modèles de ce type. Le couturier, alors âgé de 29 ans, s’était inspiré d’un livre de Michel Seuphor consacré au peintre.
Quelles créations Schiaparelli a-t-elle faites avec Dalí ?
Les plus connues sont la robe homard de février 1937, une robe du soir imprimée d’un homard dessiné par Dalí, achetée par Wallis Simpson pour son trousseau, le chapeau en forme d’escarpin de 1937-1938, et deux robes de la collection Cirque de l’été 1938 : la robe squelette, aux os rembourrés, et la robe aux déchirures. Ces deux dernières sont conservées au Victoria and Albert Museum de Londres.
Andy Warhol a-t-il dessiné la robe en papier Campbell’s ?
Non. La « Souper Dress » de 1966-1967, une robe en papier imprimée de boîtes de soupe, était une opération publicitaire de la Campbell Soup Company, vendue par correspondance. Le Metropolitan Museum of Art précise qu’elle n’est pas un modèle de Warhol : la marque profitait de la célébrité de ses tableaux de boîtes de soupe. Warhol a en revanche réalisé lui-même plusieurs robes en papier personnalisées.
Que voir au musée Yves Saint Laurent de Marrakech ?
La salle permanente de 400 m² présente une cinquantaine de modèles choisis autour de thèmes chers au couturier, dont « l’art », « l’Afrique et le Maroc » et « les jardins », avec ses classiques comme la robe Mondrian ou le smoking. Les pièces changent régulièrement pour leur conservation. Le musée, ouvert en 2017 près du jardin Majorelle, possède aussi une salle d’expositions temporaires, une bibliothèque et un auditorium.
La mode est-elle un art ?
Elle peut l’être. Un vêtement reste d’abord un objet porté, produit en série ou sur mesure. Mais certaines pièces, pensées comme des œuvres et conservées par des musées, relèvent de l’art au même titre qu’une sculpture. Elsa Schiaparelli affirmait que dessiner des robes n’était pas pour elle un métier mais un art, et le Met a consacré dès 1983 une rétrospective à un couturier vivant, Yves Saint Laurent.
Sources
- Centre Pompidou, « Yves Saint Laurent, un regard moderne » (2022) (nouvel onglet)
- The Met, « Yves Saint Laurent: When Fashion Meets Art » (2023) (nouvel onglet)
- V&A, exposition « Schiaparelli: Fashion Becomes Art » (2026) (nouvel onglet)
- The Met, communiqué sur la fréquentation de « Heavenly Bodies » (2018) (nouvel onglet)
- Musée Yves Saint Laurent Marrakech, « Le projet » (nouvel onglet)
- Le360, « Musée Yves Saint Laurent : un bijou architectural au cœur de Marrakech » (2017) (nouvel onglet)


