Le JournalArt contemporain14 min de lecture

Art écologique et durable : land art, matériaux et artistes engagés

Art écologique : définition, land art et œuvres célèbres, art recyclé, artistes engagés, land art au Maroc et conseils pour créer ou acheter de façon durable.

Statuette Zèbre Bleu aux rayures noires et blanches
Statuette Zèbre BleuStatuette en résine · H 26,8 × L 11,5 × P 10 cm · 900 MADVoir la statuette

L’essentiel

  • L’art écologique regroupe les œuvres qui prennent la nature et le climat comme sujet, matériau ou terrain d’action ; l’art durable désigne la façon de créer et d’exposer avec moins d’impact.
  • Le land art naît aux États-Unis vers 1967 : Richard Long trace une ligne en marchant dans un champ anglais en 1967, Robert Smithson construit Spiral Jetty en 1970.
  • Land art ne veut pas dire écologique : Spiral Jetty a demandé de déplacer plus de 6 000 tonnes de roche et de terre avec des engins de chantier.
  • Au Maroc, Jean Verame a réalisé en 1984 les « rochers bleus » près de Tafraout, et Amina Agueznay tisse des œuvres primées en fibre de palmier.
  • Pour l’amateur, le geste le plus durable reste simple : acheter moins, choisir des objets solides et les garder longtemps.
Sommaire de l’article
  1. L’essentiel
  2. Qu’est-ce que l’art écologique ?
  3. Le land art : définition, origines et œuvres célèbres
  4. Comment faire du land art ?
  5. Les grands artistes de l’art écologique
  6. Art recyclé : créer avec des objets de récupération
  7. Bio-art : quand l’œuvre est vivante
  8. Art durable : où se situe l’impact du monde de l’art ?
  9. Créer de façon plus durable : conseils pour l’atelier
  10. Acheter de l’art de façon plus durable
  11. Où voir de l’art écologique et par où commencer
  12. Questions fréquentes

L’art écologique désigne les œuvres qui prennent la nature, le climat et nos ressources comme sujet, comme matériau ou comme terrain d’action. Il va du land art des années 1960 aux sculptures en déchets recyclés, en passant par des œuvres qui réparent un lieu. L’art durable en est le versant pratique : créer, transporter, exposer et acheter en limitant son impact. Voici les définitions, les artistes et les œuvres à connaître, puis des conseils concrets pour l’atelier comme pour le salon.

Qu’est-ce que l’art écologique ?

L’art écologique, ou éco-art, est un art qui s’engage pour l’environnement : il alerte, documente ou agit sur un milieu. La Tate définit l’art environnemental, son proche parent, comme un art qui aborde les questions sociales et politiques liées à l’environnement naturel et urbain. En français, le critique Paul Ardenne a consacré à ces pratiques un essai de référence, Un art écologique. Création plasticienne et anthropocène (Le Bord de l’eau, 2018), que le Centre Pompidou fait figurer dans sa bibliographie « Art et écologie ».

Plusieurs mots circulent, et ils ne veulent pas dire la même chose :

Terme Ce qu’il désigne Exemple
Land art Œuvre faite dans le paysage, avec ses matériaux Spiral Jetty, Robert Smithson, 1970
Art environnemental Œuvre qui traite de l’environnement naturel ou urbain 7000 chênes, Joseph Beuys, 1982
Art écologique (éco-art) Œuvre qui vise à alerter sur un milieu ou à le réparer Wheatfield, Agnes Denes, 1982
Art recyclé Œuvre faite d’objets ou de déchets récupérés Les tentures de capsules d’El Anatsui
Bio-art Œuvre qui utilise le vivant (plantes, bactéries, champignons) Objets en mycélium
Art durable Manière de produire et d’exposer avec moins d’impact Matériaux locaux, transport limité

Le point commun est un déplacement : l’œuvre ne parle plus seulement de la nature, comme un paysage peint, elle se fait avec elle, en elle, ou pour elle. Ce glissement prolonge l’histoire de l’art engagé et de ses grandes œuvres, dont l’écologie est devenue l’une des causes majeures.

Le land art : définition, origines et œuvres célèbres

Le land art est une tendance de l’art contemporain apparue aux États-Unis vers 1967, avec des artistes britanniques qui travaillent en parallèle : l’artiste œuvre directement dans le paysage, en sculptant le terrain ou en y disposant des matériaux naturels comme des pierres ou des branches. C’est la définition qu’en donnent le dictionnaire Larousse et le glossaire de la Tate consacré au land art (nouvel onglet). Les œuvres, souvent immenses ou éphémères, quittent le musée, qui n’en garde parfois que des photographies, des cartes et des films.

Le land art en quelques dates

  • 1967 Richard Long marche en ligne droite dans un champ du Wiltshire, en Angleterre, et photographie la trace laissée dans l’herbe : A Line Made by Walking.
  • 1968 L’exposition « Earth Works », en octobre à la Dwan Gallery de New York, réunit les premiers artistes du mouvement.
  • 1969-1970 Michael Heizer creuse Double Negative dans une mesa du Nevada, en déplaçant environ 244 000 tonnes de roche.
  • 1970 Robert Smithson construit Spiral Jetty sur la rive du Grand Lac Salé, en Utah.
  • 1977 Walter De Maria installe The Lightning Field, 400 mâts d’acier plantés dans une plaine du Nouveau-Mexique.
  • 1985 Christo et Jeanne-Claude emballent le Pont-Neuf, à Paris.
  • 2021 L’Arc de Triomphe, empaqueté, projet posthume de Christo et Jeanne-Claude, recouvre le monument parisien de 25 000 m² de tissu recyclable.

Spiral Jetty, l’œuvre emblème

Spiral Jetty est une spirale de roche et de terre de 457 mètres de long et de 4,6 mètres de large, construite en avril 1970 à Rozel Point, sur la rive nord-est du Grand Lac Salé. Elle appartient depuis 1999 à la Dia Art Foundation, à qui Nancy Holt et la succession de Smithson l’ont donnée. Sa visibilité dépend du niveau du lac : submergée peu après sa construction, elle est réapparue lors des sécheresses suivantes, couverte de cristaux de sel blanc.

Spirale de roches noires sur la rive asséchée et blanchie du Grand Lac Salé au crépuscule
Spiral Jetty (1970), l’œuvre de land art de Robert Smithson sur le Grand Lac Salé (Utah), ici en mars 2016.Meye0399 (Jill Meyer), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Cette œuvre rappelle une vérité souvent oubliée : land art ne veut pas dire écologique. Pour Spiral Jetty, Smithson a fait déplacer plus de 6 000 tonnes de roche et de terre avec des engins de chantier. Son intérêt allait à l’entropie et au temps géologique, pas à la protection de la nature. C’est l’histoire du lac, dont le niveau varie avec les prélèvements d’eau et la sécheresse, qui a donné à la spirale une lecture écologique après coup.

Les artistes du land art à connaître

  • Richard Long (né en 1945) : la marche comme œuvre. Il trace à la main des lignes et des cercles avec les pierres ou les branches trouvées sur place, sans engins.
  • Robert Smithson (1938-1973) et Nancy Holt (1938-2014) : grands sites sculptés dans les déserts de l’Ouest américain.
  • Walter De Maria et Michael Heizer : des œuvres monumentales qu’on rejoint comme des pèlerinages ; City, la sculpture géante de Heizer au Nevada, n’a ouvert au public qu’en 2022, après cinquante ans de travaux.
  • Andy Goldsworthy (né en 1956) : feuilles, glace, neige, pierres et branches assemblées à mains nues, puis photographiées et abandonnées au temps.
  • Nils-Udo (né en 1937) : en 1972, il délaisse la peinture d’atelier pour composer avec les plantes, puis laisse la nature faire évoluer et disparaître ses œuvres, qu’il photographie.

Land art au Maroc : les rochers bleus de Tafraout

Le Maroc possède un exemple célèbre de land art : les rochers peints près de Tafraout, dans l’Anti-Atlas. En 1984, l’artiste Jean Verame, Français d’origine belge né à Gand en 1936, a peint un ensemble de blocs de granit derrière le village d’Aguerd Oudad, à environ 1 200 mètres d’altitude. Le site, que l’on appelle les « rochers bleus », est décrit dans la notice Wikipédia consacrée à Jean Verame (nouvel onglet), qui rappelle qu’il avait déjà mené une intervention comparable dans le désert du Sinaï en 1980-1981.

L’œuvre divise toujours : geste poétique pour les uns, peinture industrielle répandue sur un paysage naturel pour les autres. C’est un bon cas d’école pour se demander ce qu’un art « écologique » devrait être.

Comment faire du land art ?

Faire du land art, c’est composer une œuvre sur place avec ce que le lieu offre, puis la photographier et la laisser disparaître. Aucune technique n’est requise, ce qui en fait une activité idéale avec des enfants, à l’école comme en vacances.

  1. Choisir un lieu : plage, forêt, oasis, jardin, bord d’oued. Observez les matériaux disponibles et la lumière.
  2. Ramasser sans prélever le vivant : feuilles tombées, galets, bois flotté, coquillages vides, pommes de pin, sable de couleurs différentes.
  3. Partir d’une forme simple : spirale, cercle, ligne, dégradé du clair au foncé. Les formes géométriques ressortent mieux dans la nature.
  4. Photographier : à hauteur d’œil puis en hauteur, de préférence en lumière rasante, tôt le matin ou en fin d’après-midi.
  5. Laisser faire le temps : marée, vent ou pluie défont l’œuvre. Revenez la photographier le lendemain.

Les grands artistes de l’art écologique

Les artistes de l’art écologique ne se contentent pas de travailler dehors : ils font de leur œuvre une action sur un milieu ou une prise de conscience. Plusieurs œuvres pionnières sont devenues des références.

  • Hans Haacke, Condensation Cube (1963-1965) : un cube de plexiglas contenant un peu d’eau, qui s’évapore et se condense selon la chaleur et la lumière de la salle. L’œuvre, conservée à la Tate, fait d’un phénomène naturel le sujet même de la sculpture.
  • Mierle Laderman Ukeles : après son Manifeste pour un art de la maintenance (1969), elle devient en 1977 artiste en résidence, non rémunérée, du service de la propreté de New York, rôle qu’elle est la seule à avoir jamais occupé.
  • Joseph Beuys, 7000 chênes (1982-1987) : lors de la documenta 7 à Kassel, l’artiste allemand lance la plantation de 7 000 arbres, chacun accompagné d’une pierre de basalte. Le dernier est planté en 1987 par son fils, un an après sa mort.
  • Agnes Denes, Wheatfield – A Confrontation (1982) : sur un terrain remblayé de Manhattan, près du World Trade Center, l’artiste sème et récolte de mai à août près d’un hectare de blé, soit environ 450 kilos de grain.
  • Olafur Eliasson et Minik Rosing, Ice Watch : des blocs de glace détachés de la calotte groenlandaise fondent en pleine ville, à Copenhague en 2014, place du Panthéon à Paris pendant la COP21 en 2015, puis devant la Tate Modern à Londres en 2018 (nouvel onglet).

Au Maroc, le peintre Farid Belkahia (1934-2014) a délaissé la toile pour des matériaux traditionnels : le cuivre à partir de 1963, puis la peau de chèvre à partir de 1975, teintée au henné ou à l’écorce de grenade. Sa démarche n’était pas d’abord écologique, mais elle montre qu’un art contemporain peut puiser dans des matières locales et naturelles ; le Centre Pompidou lui a consacré une exposition en 2021 (nouvel onglet).

Plus près de nous, Amina Agueznay travaille avec des artisanes marocaines. En 2024, elle a reçu le prix Norval Sovereign African Art Prize pour Portal #1, une œuvre tissée en fibre de palmier avec des tisserandes d’un ksar de la région Souss-Massa, comme le raconte The Guardian (nouvel onglet). Pour aller plus loin sur ces savoir-faire, lisez notre article sur l’art fait main et les savoir-faire marocains.

Art recyclé : créer avec des objets de récupération

L’art recyclé transforme des déchets ou des objets usagés en œuvres, en faisant du rebut un matériau noble. La pratique n’est pas neuve : les collages cubistes et dadaïstes intégraient déjà tickets, journaux et objets trouvés. Ce qui a changé, c’est l’échelle et l’intention.

Le Ghanéen El Anatsui, né en 1944 et installé au Nigeria, froisse, aplatit et coud ensemble des milliers de capsules de bouteilles d’alcool pour en faire des tentures métalliques qui ondulent comme des étoffes. La Tate Modern lui a confié sa grande salle des Turbines d’octobre 2023 à avril 2024 pour l’installation Behind the Red Moon (nouvel onglet), faite de capsules récupérées au Nigeria. Le Brésilien Vik Muniz a réalisé, avec les trieurs de la décharge de Jardim Gramacho près de Rio, des portraits composés de déchets ; le documentaire Waste Land (2010), de Lucy Walker, a suivi ce projet et a été nommé aux Oscars.

Le recyclage n’est pas réservé aux grandes signatures. Il nourrit aussi les pratiques de technique mixte entre peinture et collage et les expériences pour peindre sans pinceau, avec des outils inattendus.

Bio-art : quand l’œuvre est vivante

Le bio-art est une pratique où l’artiste travaille avec le vivant : plantes, bactéries, algues, champignons, parfois cellules en laboratoire. Certaines œuvres poussent, se transforment ou meurent pendant l’exposition, ce qui oblige les musées à repenser la conservation.

Le mycélium, la partie souterraine des champignons, est devenu un matériau prisé : il peut croître dans un moule et donner des formes légères, puis être composté en fin de vie. En 2019, l’exposition « La Fabrique du vivant » du Centre Pompidou montrait ainsi des objets en mycélium et une structure faite de briques « cultivées ». Le bio-art pose aussi des questions éthiques, en particulier quand il touche à la génétique.

Art durable : où se situe l’impact du monde de l’art ?

L’impact environnemental du monde de l’art vient surtout des déplacements et du transport des œuvres, bien plus que des tubes de peinture. Foires internationales, expositions itinérantes, fret aérien et voyages des professionnels pèsent lourd. Selon la Gallery Climate Coalition, transporter une tonne d’œuvres par avion émet environ 60 fois plus de CO2 que par bateau. Fondée à Londres en 2020 par des galeries, cette coalition s’est donné pour objectif de réduire d’au moins 50 % les émissions du secteur d’ici 2030.

Les musées agissent aussi : expositions conçues avec leurs propres collections, caisses de transport réutilisées, transport maritime ou routier plutôt qu’aérien. Le débat a parfois pris un tour spectaculaire : le 14 octobre 2022, deux militantes du collectif Just Stop Oil ont jeté de la soupe sur les Tournesols de Van Gogh à la National Gallery de Londres. Le tableau, protégé par une vitre, n’a pas été abîmé, mais les deux femmes ont été condamnées en 2024 à de la prison ferme. L’action posait une question qui traverse la création d’une œuvre engagée : faut-il viser l’art pour parler du climat ?

  • 457 m longueur de Spiral Jetty, œuvre phare du land art.
  • 7 000 chênes plantés à Kassel à l’initiative de Joseph Beuys.
  • 60 fois plus de CO2 pour le fret aérien que pour le fret maritime, à poids égal.
  • 50 % baisse des émissions visée d’ici 2030 par la Gallery Climate Coalition.

Créer de façon plus durable : conseils pour l’atelier

Un artiste peut réduire son impact sans changer de style, en agissant sur ses matériaux, ses déchets et ses déplacements. Voici les gestes les plus utiles.

  • Les solvants : le white-spirit est irritant et, à forte exposition prolongée, toxique pour le système nerveux. Préférez des huiles diluables à l’eau, travaillez dans une pièce aérée et ne versez jamais de solvant à l’évier : laissez-le reposer, réutilisez la partie claire et apportez le dépôt en déchetterie.
  • L’eau de rinçage : essuyez pinceaux et palettes avec un chiffon avant de les rincer, pour envoyer le moins de peinture possible dans les canalisations.
  • Les supports : réutilisez les châssis, peignez sur des toiles retournées, récupérez bois et cartons pour les études.
  • Les pigments : terres, ocres et pigments végétaux se travaillent très bien, à condition d’en connaître la tenue à la lumière.
  • Les cadres : un cadre en bois massif se répare et se réemploie ; un cadre léger en composite finit souvent à la benne au premier choc.
  • Le transport : regroupez les envois, réutilisez les caisses et privilégiez la route ou le bateau à l’avion.

Acheter de l’art de façon plus durable

Le geste le plus durable, pour un amateur d’art, est d’acheter moins mais de choisir des objets que l’on gardera longtemps. Une œuvre qui reste vingt ans au mur a un impact sans commune mesure avec une décoration renouvelée à chaque saison.

Quelques critères simples aident à choisir :

  1. Un coup de cœur durable : prenez le temps, revenez voir l’œuvre, imaginez-la au mur dans dix ans.
  2. Des matériaux solides : bois massif plutôt que composite, support qui se nettoie, finition qui supporte la lumière et l’humidité.
  3. Une fabrication proche : un objet fabriqué dans votre pays voyage moins.
  4. Un entretien facile : un chiffon sec suffit pour la plupart des toiles et des cadres.

Les tableaux pop art de Venus Pop sont des tirages uniques sur toile, montés dans un cadre baroque noir en bois massif fait à la main au Maroc et traité contre l’usure et les variations climatiques. Ce sont des objets de décoration conçus pour durer, pas des œuvres écologiques au sens strict. Notre article sur le cadre baroque noir et son entretien présente ces cadres et la façon d’en prendre soin.

La nature inspire aussi le motif : la statuette Zèbre Bleu reprend les rayures de l’animal en noir et blanc, relevées de bleu et de jaune.

Où voir de l’art écologique et par où commencer

Pour voir l’art écologique en vrai, commencez par les sites et musées qui l’ont rendu célèbre, puis par les gestes que vous pouvez faire vous-même.

  • Au Maroc : les rochers bleus de Jean Verame, près de Tafraout, se visitent librement ; venez en fin de journée, quand la lumière rasante réveille les couleurs.
  • En Europe : la Tate, à Londres, conserve des œuvres de Richard Long et de Hans Haacke ; les chênes de Beuys poussent toujours dans les rues de Kassel.
  • Aux États-Unis : Spiral Jetty est accessible par une piste depuis Rozel Point, dans le nord de l’Utah.
  • Chez vous : un après-midi de land art en famille, avec des matériaux ramassés et une photo pour souvenir, est la meilleure initiation.

Les questions de climat et de ressources dessinent aussi la création de demain, comme nous le montrons dans notre article sur l’art du futur et ses tendances.

Dans cet article

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’art écologique ?

L’art écologique, ou éco-art, rassemble les pratiques artistiques qui traitent de l’environnement : œuvres qui alertent sur le climat, qui utilisent des matériaux naturels ou récupérés, ou qui réparent un lieu, comme le champ de blé planté par Agnes Denes à Manhattan en 1982. Il s’est développé à partir de la fin des années 1960, en même temps que le mouvement écologiste.

Quelle est la différence entre land art et art écologique ?

Le land art désigne des œuvres faites dans le paysage avec ses matériaux, sans forcément de visée écologique : certaines ont exigé des engins de chantier. L’art écologique se définit par son intention, alerter sur l’environnement ou le réparer, quelle que soit sa forme, du champ cultivé à la sculpture en déchets recyclés.

Quelles sont les œuvres de land art les plus célèbres ?

Les plus citées sont Spiral Jetty de Robert Smithson (1970, Utah), A Line Made by Walking de Richard Long (1967, Angleterre), The Lightning Field de Walter De Maria (1977, Nouveau-Mexique) et Double Negative de Michael Heizer (1969-1970, Nevada). Les emballages de Christo et Jeanne-Claude, comme le Pont-Neuf en 1985, y sont souvent rattachés.

Y a-t-il du land art au Maroc ?

Oui. En 1984, l’artiste Jean Verame, né à Gand en 1936, a peint un ensemble de blocs de granit derrière le village d’Aguerd Oudad, près de Tafraout, dans l’Anti-Atlas. Le site, appelé les « rochers bleus », attire toujours les visiteurs, et l’intervention divise encore : geste poétique ou peinture répandue sur un paysage naturel.

Comment faire du land art avec des enfants ?

Choisissez un lieu (plage, forêt, jardin), ramassez uniquement des éléments tombés au sol (feuilles, galets, bois flotté, pommes de pin) et composez une forme simple : spirale, cercle, dégradé de couleurs. Photographiez l’œuvre, puis laissez la nature la défaire. Règle d’or : ne rien arracher de vivant et ne rien laisser derrière soi.

Qu’est-ce que l’art recyclé ?

L’art recyclé transforme des objets de récupération en œuvres : capsules, plastiques, métal, papier. Le Ghanéen El Anatsui assemble ainsi des milliers de capsules de bouteilles en tentures monumentales, et le Brésilien Vik Muniz a réalisé des portraits avec des déchets d’une décharge de Rio, un projet suivi par le documentaire Waste Land (2010).

Qu’est-ce que le bio-art ?

Le bio-art est une pratique où l’artiste travaille avec le vivant : plantes, bactéries, algues ou champignons. Le mycélium, réseau souterrain des champignons, peut par exemple pousser dans un moule et former des objets, puis être composté. Le Centre Pompidou a montré ce type de créations dans l’exposition « La Fabrique du vivant » en 2019.

Sources

Partager

L’atelier Venus Pop

Le Journal est écrit par l’atelier Venus Pop, qui sélectionne des tableaux pop art en tirage unique et les monte dans des cadres baroques faits main au Maroc. Chaque article cite ses sources et est relu à chaque mise à jour.

Sommaire

  1. L’essentiel
  2. Qu’est-ce que l’art écologique ?
  3. Le land art : définition, origines et œuvres célèbres
  4. Comment faire du land art ?
  5. Les grands artistes de l’art écologique
  6. Art recyclé : créer avec des objets de récupération
  7. Bio-art : quand l’œuvre est vivante
  8. Art durable : où se situe l’impact du monde de l’art ?
  9. Créer de façon plus durable : conseils pour l’atelier
  10. Acheter de l’art de façon plus durable
  11. Où voir de l’art écologique et par où commencer
  12. Questions fréquentes

Du conseil à l’accrochage.

9 tirages uniques, de 96 × 127 à 237 × 137 cm, cadre baroque noir compris. Livraison offerte en 48 h partout au Maroc.