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Pop art : définition, histoire, artistes et œuvres clés du mouvement
Le pop art, né à Londres dans les années 1950 et devenu new-yorkais en 1962 : définition simple, histoire, artistes majeurs, œuvres clés et techniques.

L’essentiel
- Le pop art est un mouvement artistique né au Royaume-Uni au milieu des années 1950 et devenu new-yorkais au début des années 1960. Il puise ses images dans la publicité, la bande dessinée, les emballages et les stars.
- Ses pionniers sont britanniques : l’Independent Group se réunit à l’ICA de Londres dès 1952, et le collage de Richard Hamilton conçu en 1956 pour l’exposition « This Is Tomorrow » devient sa première icône.
- 1962 marque la percée américaine : les 32 « Campbell’s Soup Cans » de Warhol à Los Angeles, la première exposition personnelle de Lichtenstein à New York et un symposium du MoMA consacré au pop art.
- Ses figures majeures sont Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg, James Rosenquist et Tom Wesselmann aux États-Unis, Richard Hamilton, Eduardo Paolozzi, Peter Blake et Pauline Boty au Royaume-Uni.
- Ses procédés, sérigraphie, points Benday, collage, agrandissement, viennent de l’imprimerie et de l’industrie ; son héritage va de l’art d’appropriation au néo-pop et au street art.
Sommaire de l’article
- L’essentiel
- Qu’est-ce que le pop art ?
- Comment est né le pop art ?
- Les origines britanniques : Londres, 1952-1961
- Le pop art américain : New York, 1962
- Les artistes majeurs du pop art
- Les œuvres clés du pop art
- Les techniques du pop art
- Le pop art en France et en Europe
- Pourquoi le pop art compte encore
- Où voir du pop art, et par où commencer
- Questions fréquentes
Le pop art est un mouvement artistique né à Londres au milieu des années 1950, puis devenu un phénomène new-yorkais au début des années 1960. Il fait entrer dans l’art les images de la culture de masse : publicités, bandes dessinées, boîtes de conserve, stars de cinéma. Warhol, Lichtenstein, Hamilton ou Oldenburg les reprennent avec des couleurs franches et des procédés d’imprimerie, entre fascination et ironie. Voici sa définition, son histoire, ses artistes et les œuvres à connaître.
Qu’est-ce que le pop art ?
Le pop art est l’art qui prend pour sujet la culture populaire de masse, celle que produisent l’industrie, la publicité et les médias. « Pop » vient de l’anglais popular : non pas l’art populaire des traditions, mais la culture de consommation de l’après-guerre, ses logos, ses emballages, ses vedettes et ses comics.
L’originalité du mouvement tient moins à ses sujets qu’à la manière de les traiter. Les artistes pop ne peignent pas une bouteille de Coca-Cola comme une nature morte classique : ils la reproduisent telle qu’on la voit dans un magazine, à plat, en couleurs vives, parfois en série. Ils effacent la trace de la main et empruntent les techniques de l’imprimerie. Ce faisant, ils brouillent la frontière entre l’art des musées et l’image commerciale, entre l’original et la copie.
Le mot circule dans les discussions de l’Independent Group, à Londres, vers 1955. Il est souvent attribué au critique Lawrence Alloway, et l’expression « pop art » paraît imprimée dès 1956 dans un article des architectes Alison et Peter Smithson. En 1957, Richard Hamilton en donne la définition la plus célèbre, dans une lettre à ces mêmes Smithson.
« Populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en masse, jeune, spirituel, sexy, astucieux, glamour, big business. »
Pour passer de la définition aux critères concrets (couleurs, trames, répétition, lettrages), notre guide pour reconnaître une œuvre pop art et ses caractéristiques détaille chaque indice avec des exemples.
Comment est né le pop art ?
Le pop art est né de la rencontre entre une société de consommation en plein essor et une génération d’artistes qui refusait de l’ignorer. Dans les années 1950, la télévision, les magazines illustrés, le cinéma hollywoodien et les produits emballés transforment le paysage visuel, d’abord aux États-Unis, puis en Europe.

Pendant ce temps, la peinture la plus admirée, l’expressionnisme abstrait de Pollock ou de Rothko, cherche l’émotion intime et le geste. La Tate résume bien le décalage : de jeunes artistes trouvaient que ce qu’ils apprenaient à l’école d’art et voyaient au musée n’avait rien à voir avec leur vie. Ils se tournent donc vers les films, la publicité, les emballages, la musique pop et les comics.
Le mouvement a aussi des ancêtres. Marcel Duchamp a exposé des objets manufacturés comme œuvres, les readymades, et ajouté une moustache à une reproduction de la Joconde dès 1919 (L.H.O.O.Q.). Les dadaïstes, comme Kurt Schwitters, ont fait des collages de tickets et de papiers imprimés. Le pop art reprend ces gestes, mais sans leur violence : il ne détruit pas la culture de masse, il la regarde en face.
Les origines britanniques : Londres, 1952-1961
Le pop art commence en Grande-Bretagne, au sein de l’Independent Group, un cercle de jeunes artistes, critiques et architectes réunis à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) de Londres à partir de 1952. Ils y parlent sans mépris de science-fiction, de publicité, de design automobile et de cinéma américain.
Dès 1952, le sculpteur écossais Eduardo Paolozzi y projette ses collages de magazines américains, la série Bunk!. L’un d’eux, « I was a Rich Man’s Plaything » (1947), conservé à la Tate (nouvel onglet), montre un revolver d’où sort le mot « Pop! » : c’est souvent cité comme la première apparition du mot dans une œuvre.
En août 1956, l’exposition « This Is Tomorrow » à la Whitechapel Gallery fait connaître ces idées au public. Pour son catalogue et son affiche, Richard Hamilton compose un petit collage au titre de slogan publicitaire, Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing? Un culturiste y brandit une sucette géante Tootsie Pop, au milieu d’un salon rempli d’objets de consommation. Aujourd’hui à la Kunsthalle de Tübingen, ce collage est considéré comme la première œuvre pop devenue iconique.
Une deuxième vague arrive au début des années 1960 avec les élèves du Royal College of Art. L’exposition « Young Contemporaries » de 1961 révèle David Hockney, Peter Phillips, Derek Boshier, Allen Jones ; Peter Blake et Pauline Boty sont filmés dès 1962 par Ken Russell pour la BBC dans Pop Goes the Easel. En 1967, Blake cosigne avec Jann Haworth la pochette de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles. La même année, Hockney, installé en Californie, peint « A Bigger Splash », visible à la Tate (nouvel onglet) ; associé au pop art à ses débuts, il a suivi ensuite une voie très personnelle jusqu’à sa mort, le 11 juin 2026.
Le pop art américain : New York, 1962
Aux États-Unis, le pop art s’impose en 1962, en quelques mois, après une décennie de préparation. Robert Rauschenberg, avec ses Combines (1954-1964) mêlant peinture et objets réels, et Jasper Johns, avec son Flag (1954-1955) peint d’après le drapeau américain, avaient déjà ramené les signes du quotidien dans la peinture. On les classe plutôt dans le néo-dada, mais ils ouvrent la porte.
Puis tout s’accélère. Début 1962, Roy Lichtenstein expose ses tableaux tirés des comics chez le galeriste Leo Castelli. En juillet, Andy Warhol montre ses 32 boîtes de soupe Campbell à la Ferus Gallery de Los Angeles. En septembre, le Pasadena Art Museum présente « New Painting of Common Objects », l’une des premières expositions muséales du pop américain ; à l’automne, la galerie Sidney Janis réunit à New York pop artistes et Nouveaux Réalistes européens. En décembre, le Museum of Modern Art organise un symposium sur le pop art. Le mot est lancé, la polémique aussi.
La consécration internationale vient en 1964 : Rauschenberg reçoit le grand prix international de peinture de la Biennale de Venise, et le pop art américain domine la scène pendant le reste de la décennie.
Le pop art en dates
- 1947 Eduardo Paolozzi colle le mot « Pop! » dans « I was a Rich Man’s Plaything ».
- 1952 L’Independent Group commence à se réunir à l’ICA de Londres ; Paolozzi y présente ses collages Bunk!.
- 1956 Exposition « This Is Tomorrow » à la Whitechapel Gallery ; collage de Richard Hamilton.
- 1957 Richard Hamilton définit le pop art dans une lettre aux Smithson.
- 1961 Exposition « Young Contemporaries » à Londres ; « Look Mickey » de Roy Lichtenstein.
- 1962 « Campbell’s Soup Cans » de Warhol à Los Angeles ; « Marilyn Diptych » ; symposium du MoMA sur le pop art.
- 1963 « Whaam! » de Lichtenstein ; à Düsseldorf, Richter, Polke et Lueg lancent le « réalisme capitaliste ».
- 1964 « Brillo Boxes » de Warhol ; grand prix de la Biennale de Venise pour Rauschenberg ; « Mythologies quotidiennes » à Paris.
- 1967 Pochette de « Sgt. Pepper » par Peter Blake et Jann Haworth ; « A Bigger Splash » de David Hockney.
- 1968 Warhol est grièvement blessé par balle à la Factory, le 3 juin.
- 1987 Mort d’Andy Warhol le 22 février ; le musée qui lui est consacré ouvre à Pittsburgh en 1994.
Les artistes majeurs du pop art
Les artistes les plus associés au pop art sont Andy Warhol et Roy Lichtenstein, suivis de Claes Oldenburg, James Rosenquist et Tom Wesselmann aux États-Unis, et de Richard Hamilton, Eduardo Paolozzi et Peter Blake au Royaume-Uni.
Andy Warhol (1928-1987), l’icône du pop art
Andy Warhol est l’artiste le plus étroitement associé au pop art. Né à Pittsburgh de parents immigrés, il devient dans les années 1950 l’un des illustrateurs publicitaires les plus demandés de New York, et garde de ce métier l’habitude de travailler d’après des photos.
Ses « Campbell’s Soup Cans » (1962), au MoMA (nouvel onglet), alignent 32 toiles, une par variété de soupe. Contrairement à une idée répandue, elles sont peintes à la main et non sérigraphiées. La sérigraphie photographique arrive quelques semaines plus tard, à l’été 1962, et devient sa signature : elle lui permet de répéter une même image avec de légères variations.
Pourquoi Marilyn Monroe ? Warhol commence ses portraits juste après la mort de l’actrice, en août 1962, à partir d’une photo publicitaire du film Niagara. Le « Marilyn Diptych », à la Tate (nouvel onglet), répète 50 fois son visage : en couleurs vives à gauche, en noir et blanc de plus en plus délavé à droite. La star, l’image médiatique et la mort y tiennent dans la même grille. Suivent les Brillo Boxes (1964), copies en bois de cartons d’emballage, et l’atelier collectif de la Factory, où Warhol tourne aussi des films. Le 3 juin 1968, Valerie Solanas lui tire dessus ; il survit.
Roy Lichtenstein (1923-1997), la bande dessinée agrandie
Roy Lichtenstein agrandit des cases de comics jusqu’à la taille d’un tableau d’histoire. Look Mickey (1961, National Gallery of Art de Washington) est sa première toile à utiliser en grand les contours durs et les points Benday, ces trames de points de l’impression bon marché qu’il reproduit à la main.
« Whaam! » (1963), à la Tate (nouvel onglet), transpose en diptyque de plus de quatre mètres une case d’Irv Novick parue dans un comic de guerre de 1962. Quand la Tate l’achète en 1966, plusieurs administrateurs protestent : un tableau de bande dessinée dans un musée national paraissait encore une provocation.
Oldenburg, Rosenquist, Wesselmann : objets mous, affiches géantes et nus
Claes Oldenburg (1929-2022) donne au pop art son volume. En décembre 1961, il ouvre The Store dans une boutique du Lower East Side, remplie de faux aliments et vêtements en plâtre peint. Viennent ensuite les sculptures molles, comme la « Soft Toilet » (1966) du Whitney Museum (nouvel onglet), en vinyle cousu et rembourré, puis, avec Coosje van Bruggen, des objets du quotidien à l’échelle d’un monument.
James Rosenquist (1933-2017) a gagné sa vie de 1957 à 1960 en peignant des panneaux publicitaires à Times Square. Il en garde l’échelle et le cadrage : F-111 (1964-1965), au MoMA, mêle un avion de chasse, un gâteau et une fillette sous un séchoir sur 23 panneaux et environ 26 mètres. Tom Wesselmann (1931-2004) lance en 1961 sa série Great American Nude, où le nu féminin côtoie publicités et produits de marque.
Les femmes du pop art
Les femmes ont été actives dès le début du pop art, même si l’histoire les a longtemps reléguées au second plan. À Londres, Pauline Boty (1938-1966) est la seule femme reconnue du groupe de son vivant. À New York, Marisol sculpte des figures en bois peint, Rosalyn Drexler (1926-2025) peint d’après des photos de films et de magazines, Marjorie Strider fait jaillir ses pin-up en relief hors du tableau. En Belgique, Evelyne Axell (1935-1972) peint le corps et le désir féminins en aplats de couleurs vives. Plus largement, l’exposition « The World Goes Pop », à la Tate Modern en 2015-2016, a raconté une histoire mondiale du pop art, bien au-delà des seuls noms américains.
Les œuvres clés du pop art
Une dizaine d’œuvres suffit à comprendre le mouvement, de ses débuts londoniens à son apogée new-yorkaise. Toutes appartiennent à des collections publiques.
| Œuvre | Artiste | Année | Où la voir |
|---|---|---|---|
| I was a Rich Man’s Plaything | Eduardo Paolozzi | 1947 | Tate, Londres |
| Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing? | Richard Hamilton | 1956 | Kunsthalle, Tübingen |
| Flag | Jasper Johns | 1954-1955 | MoMA, New York |
| Look Mickey | Roy Lichtenstein | 1961 | National Gallery of Art, Washington |
| Campbell’s Soup Cans | Andy Warhol | 1962 | MoMA, New York |
| Marilyn Diptych | Andy Warhol | 1962 | Tate, Londres |
| Whaam! | Roy Lichtenstein | 1963 | Tate, Londres |
| F-111 | James Rosenquist | 1964-1965 | MoMA, New York |
| Soft Toilet | Claes Oldenburg | 1966 | Whitney Museum, New York |
| A Bigger Splash | David Hockney | 1967 | Tate, Londres |
Les techniques du pop art
Les techniques du pop art viennent presque toutes de l’imprimerie, de la publicité et de l’industrie. Elles servent un même but : donner à l’œuvre l’aspect d’une image produite en série.
- La sérigraphie : une image photographique transférée sur un écran de tissu, puis imprimée à l’encre, couleur par couleur. Warhol l’adopte en 1962, comme Rauschenberg à la même époque.
- Les points Benday : la trame de points colorés des comics imprimés à bas coût, que Lichtenstein agrandit et peint à la main, souvent avec des pochoirs.
- Le collage et l’assemblage : images découpées dans les magazines chez Paolozzi et Hamilton, objets réels fixés sur la toile chez Rauschenberg ou Wesselmann.
- L’agrandissement et le changement de matière : les objets mous et géants d’Oldenburg, les fragments d’affiche de Rosenquist.
- Les peintures industrielles : acryliques et peintures en aplat, qui gomment la touche du pinceau.
Ces procédés ont été largement repris depuis. Si vous voulez les essayer, nos pas-à-pas pour peindre un portrait pop art et pour combiner peinture et collage en technique mixte partent de ces mêmes gestes.
Le pop art en France et en Europe
En Europe continentale, le pop art a pris d’autres noms et d’autres formes, souvent plus politiques. La France n’a pas eu de « pop art » au sens strict, mais deux mouvements voisins.
Le Nouveau Réalisme est fondé le 27 octobre 1960 dans l’atelier d’Yves Klein, autour du critique Pierre Restany, avec Arman, Martial Raysse, Jean Tinguely, Raymond Hains ou Jacques Villeglé, rejoints ensuite par César et Niki de Saint Phalle. Il travaille avec les objets réels de la société de consommation : accumulations, affiches lacérées, compressions. Martial Raysse, avec ses néons et ses couleurs acides, en est le plus proche du pop américain. Alain Jacquet (1939-2008), avec son Déjeuner sur l’herbe tramé de 1964, est souvent présenté comme celui qui a introduit le pop art en France.
La Figuration narrative, elle, naît en 1964 avec l’exposition « Mythologies quotidiennes » au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, voulue par Bernard Rancillac et Hervé Télémaque. Elle emprunte à la bande dessinée, au cinéma et à la presse, avec un regard critique : Erró, Peter Klasen, Jacques Monory ou Gérard Fromanger en sont des figures.
Ailleurs, le pop art se politise aussi : en Allemagne, Gerhard Richter, Sigmar Polke et Konrad Lueg lancent en 1963 le « réalisme capitaliste » ; en Espagne, sous Franco, l’Equipo Crónica (1965-1981) détourne les codes pop contre la dictature.
Pourquoi le pop art compte encore
Le pop art compte encore parce qu’il a changé la définition même de l’œuvre d’art. Après lui, une image empruntée, une marque ou un objet de série peuvent devenir sujet et matériau, et la frontière entre culture savante et culture de masse ne tient plus.
Accueilli d’abord avec méfiance, le mouvement est entré dans tous les grands musées, et son marché atteint des sommets : en 2022, Shot Sage Blue Marilyn (1964) de Warhol a été adjugé 195 millions de dollars, record pour une œuvre d’artiste américain aux enchères.
Ses descendants sont partout. Les artistes de l’appropriation des années 1980, puis le néo-pop de Jeff Koons et de Takashi Murakami, prolongent son geste, comme le montre notre article sur le pop art contemporain et ses artistes vivants. Keith Haring, Banksy ou Shepard Fairey ont porté ses images dans la rue : leurs différences et points communs entre street art et pop art éclairent cette filiation. Au Maroc, le photographe Hassan Hajjaj en offre une version très personnelle, à découvrir dans notre article sur le pop art au Maroc.
Les tableaux de Venus Pop jouent avec ce même héritage. Mr. Monopoly reprend la formule de Warhol en tag sur la toile, Royal Rebellion entoure Elizabeth II de références à Campbell’s et à Absolut Vodka, et Mona Lisa Rockstar poursuit une lignée qui va de la Joconde moustachue de Duchamp aux Mona Lisa sérigraphiées par Warhol en 1963.
Où voir du pop art, et par où commencer
Pour voir les œuvres fondatrices, trois musées suffisent : la Tate à Londres, qui conserve Warhol, Lichtenstein, Paolozzi et Hockney, le MoMA et le Whitney à New York. L’Andy Warhol Museum de Pittsburgh, ouvert en 1994, est le plus grand musée américain consacré à un seul artiste. En France, le Centre Pompidou conserve de nombreuses œuvres du Nouveau Réalisme et de la Figuration narrative.
Pour approfondir à partir d’ici :
- apprenez à repérer les indices d’une œuvre pop avec notre guide sur les caractéristiques du pop art ;
- suivez le mouvement jusqu’à aujourd’hui dans le pop art contemporain ;
- comprenez ce qui distingue un tirage d’une œuvre originale, sérigraphies comprises, dans tirage sur toile ou tableau original ;
- retrouvez tous nos articles dans la rubrique pop art.
Et si vous cherchez des tableaux qui prolongent cet esprit dans un salon, la collection de tableaux pop art réunit nos grands formats encadrés, de Sticker Mania et ses héros de dessins animés à la Joconde couronnée.
Dans cet article
Questions fréquentes
C’est quoi le pop art, en une phrase ?
Le pop art est un mouvement artistique apparu à Londres au milieu des années 1950 puis à New York au début des années 1960, qui transforme en œuvres d’art les images de la culture de masse : publicités, bandes dessinées, produits de supermarché, vedettes de cinéma. Il les reprend avec des couleurs franches, des contours nets et des procédés empruntés à l’imprimerie, comme la sérigraphie ou les points de trame.
Qui a inventé le pop art ?
Personne seul. Les premiers à travailler sur l’imagerie populaire sont les membres de l’Independent Group, à Londres, dès 1952 : Eduardo Paolozzi y présente ses collages de magazines américains, Richard Hamilton signe en 1956 le collage considéré comme la première icône pop. Le mot circule dans ce cercle vers 1955 ; il est souvent attribué au critique Lawrence Alloway, et paraît imprimé dès 1956 dans un texte d’Alison et Peter Smithson.
Pourquoi le pop art a-t-il été créé ?
Parce que de jeunes artistes ne se reconnaissaient plus dans ce qu’on leur enseignait. Dans l’après-guerre, la publicité, la télévision, le cinéma hollywoodien et les produits emballés envahissent le quotidien, alors que la peinture dominante, l’expressionnisme abstrait, reste tournée vers le geste et l’émotion intime. Le pop art choisit de regarder ce monde de consommation tel qu’il est, avec un mélange de fascination, d’ironie et de distance.
Quel artiste pop américain a vécu de 1928 à 1987 ?
C’est Andy Warhol, né le 6 août 1928 à Pittsburgh et mort le 22 février 1987 à New York. Illustrateur publicitaire très demandé dans les années 1950, il devient au début des années 1960 la figure la plus célèbre du pop art avec ses « Campbell’s Soup Cans », ses portraits sérigraphiés de Marilyn Monroe et ses « Brillo Boxes ».
Pourquoi Andy Warhol a-t-il peint Marilyn Monroe ?
Warhol commence ses portraits de Marilyn juste après la mort de l’actrice, en août 1962. Il part d’une photo publicitaire du film « Niagara » (1953) et la répète en sérigraphie. Le « Marilyn Diptych » de la Tate aligne ainsi 50 fois le même visage, en couleurs d’un côté, en noir et blanc de plus en plus effacé de l’autre : une réflexion sur la célébrité fabriquée par les médias et sur la mort.
Y a-t-il des femmes artistes dans le pop art ?
Oui, même si l’histoire les a longtemps laissées de côté. Pauline Boty (1938-1966) est la seule femme reconnue du pop art britannique de son vivant ; Marisol, Rosalyn Drexler et Marjorie Strider travaillent à New York, Evelyne Axell en Belgique, Jann Haworth cosigne la pochette de « Sgt. Pepper » des Beatles. Elles sont aujourd’hui davantage exposées et étudiées.
Existe-t-il un pop art français ?
La France a surtout développé des mouvements voisins. Le Nouveau Réalisme, fondé en 1960 autour du critique Pierre Restany, travaille avec les objets réels de la société de consommation ; la Figuration narrative, lancée en 1964 par l’exposition « Mythologies quotidiennes » à Paris, emprunte à la bande dessinée et au cinéma. Martial Raysse et Alain Jacquet sont souvent cités comme les artistes français les plus proches du pop art.




