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Art du futur : les tendances qui dessinent la création de demain

Art du futur : IA, art immersif, climat, essor des scènes africaines, œuvres conçues pour 2114. Les tendances réelles et sourcées qui dessinent l’art de demain.

Statuette Splash aux coulures de peinture rouge et bleue
Statuette SplashStatuette en résine · H 26,8 × L 11,5 × P 10 cm · 900 MADVoir la statuette

L’essentiel

  • L’art du futur ne se prédit pas, mais il se lit dans des tendances déjà mesurables : intelligence artificielle, lieux immersifs, contrainte climatique et rééquilibrage géographique de la scène artistique.
  • Il ne faut pas le confondre avec l’art futuriste, mouvement né en Italie avec le manifeste de Marinetti publié à la une du Figaro le 20 février 1909.
  • En 2025, les ventes mondiales d’art ont atteint environ 59,6 milliards de dollars, en hausse de 4 %, selon le rapport Art Basel et UBS.
  • Des artistes créent déjà pour le futur : la Future Library de Katie Paterson ne sera lue qu’en 2114, Longplayer de Jem Finer doit jouer jusqu’au 31 décembre 2999.
  • Le scénario le plus probable reste la coexistence : l’IA et l’immersion s’ajoutent à la peinture et à la sculpture plutôt qu’elles ne les remplacent.
Sommaire de l’article
  1. L’essentiel
  2. Art du futur ou art futuriste : ne pas confondre
  3. Ce que disent les chiffres aujourd’hui
  4. Tendance 1 : l’intelligence artificielle, outil et sujet
  5. Tendance 2 : l’art immersif et les lieux-écrans
  6. Tendance 3 : un art qui compte son carbone
  7. Tendance 4 : le centre de gravité se déplace
  8. Des œuvres déjà conçues pour le futur
  9. L’art en 2050 : trois hypothèses raisonnables
  10. Collectionner aujourd’hui en pensant à demain
  11. Questions fréquentes

L’art du futur ne se devine pas, mais il se lit déjà dans des tendances mesurables : l’intelligence artificielle, les lieux immersifs, la pression climatique et le déplacement du monde de l’art vers l’Afrique et l’Asie. Personne ne sait à quoi ressemblera une exposition en 2050. On sait en revanche quelles forces sont à l’œuvre aujourd’hui, et quels artistes travaillent déjà pour des publics qui ne sont pas encore nés. Voici ces tendances, chiffres et exemples à l’appui, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste une hypothèse.

Art du futur ou art futuriste : ne pas confondre

L’« art futuriste » désigne un mouvement historique précis, le futurisme, né en Italie en 1909 ; l’« art du futur » désigne l’art qui se fera demain. Les deux expressions se croisent souvent dans les recherches, mais ne parlent pas de la même chose.

Le futurisme naît le 20 février 1909, quand le poète Filippo Tommaso Marinetti publie à la une du Figaro, à Paris, son manifeste. Il y célèbre la vitesse, la machine, la ville moderne, et appelle à démolir les musées et les bibliothèques, comme le rappelle le glossaire de la Tate consacré au futurisme (nouvel onglet). Les peintres Umberto Boccioni, Giacomo Balla, Carlo Carrà et Gino Severini traduisent ce programme en images : corps décomposés en mouvement, lignes de force, dynamisme. Dans Dynamisme d’un chien en laisse (1912), aujourd’hui au Buffalo AKG Art Museum, Balla démultiplie les pattes du chien et les pieds de sa maîtresse pour rendre la marche visible.

La sculpture la plus célèbre du mouvement, Formes uniques de la continuité dans l’espace de Boccioni (1913), montre une silhouette qui semble fendre l’air. Le plâtre original est conservé au Brésil, et plusieurs fontes en bronze, réalisées après la mort de l’artiste, sont visibles dans de grands musées, dont la Tate à Londres (nouvel onglet).

Futurisme (art futuriste) Art du futur
Période De 1909 aux années 1940 Les prochaines décennies
Lieu Italie, puis Russie, France, Royaume-Uni Le monde entier
Thèmes Vitesse, machine, ville, guerre IA, climat, immersion, données
Œuvre phare Formes uniques de la continuité dans l’espace, Boccioni, 1913 À venir

L’ironie est que le futurisme a vieilli : sa fascination pour la guerre et son rapprochement avec le fascisme italien rappellent qu’annoncer l’avenir n’empêche pas de se tromper. C’est une bonne raison d’aborder l’art du futur avec prudence. Le mouvement reste pourtant étudié pour son rapport à la technique : la Galerie nationale d’art moderne de Rome lui a consacré de décembre 2024 à avril 2025 l’exposition « Il tempo del futurismo », avec quelque 350 œuvres.

Ce que disent les chiffres aujourd’hui

Les tendances les plus solides sont celles que l’on mesure déjà : marché, démographie, technologie, climat. Elles ne disent pas ce que les artistes créeront, mais dans quel monde ils le feront.

  • 59,6 milliards de dollars de ventes d’art dans le monde en 2025, en hausse de 4 % selon le rapport Art Basel et UBS.
  • 44 % du marché mondial pour les États-Unis, devant le Royaume-Uni (18 %) et la Chine (14 %).
  • 728 784 dollars pour la première vente de Christie’s consacrée à l’art réalisé avec l’IA, en 2025.
  • 1 sur 4 part de la population mondiale qui vivra en Afrique en 2050, selon les projections des Nations unies.

Le marché reste concentré dans quelques pays, comme le détaille The Art Newspaper dans sa synthèse du rapport 2026 (nouvel onglet). Mais la démographie, elle, se déplace : c’est en Afrique que vivra une part croissante des futurs publics et des futurs artistes. Autre enseignement du rapport : les ventes en ligne sont retombées en 2025 à 9,2 milliards de dollars, environ 15 % du total, leur plus bas niveau depuis 2019. Le numérique complète les galeries, les foires et les ventes en salle ; il ne les a pas remplacées.

Tendance 1 : l’intelligence artificielle, outil et sujet

L’IA est déjà un outil courant de création et un sujet majeur pour les artistes. En 2025, Christie’s a organisé sa première vente entièrement consacrée à l’art réalisé avec l’IA, malgré une lettre ouverte, signée par près de 6 500 artistes, qui en demandait l’annulation. Les musées exposent des œuvres génératives, et les tribunaux décident qui peut être l’auteur d’une image produite par une machine.

Ce qui semble probable : l’IA deviendra un outil parmi d’autres, comme la photographie ou la tablette graphique, tandis que la valeur se déplacera vers ce que la machine ne fournit pas, une intention, un regard, une signature. Ce qui reste ouvert : le partage des revenus avec les artistes dont les œuvres ont servi à entraîner les modèles. Notre article sur l’art et l’intelligence artificielle détaille les œuvres, les procès et le droit applicable.

Tendance 2 : l’art immersif et les lieux-écrans

L’art immersif, où le visiteur entre dans l’image, compte déjà parmi les formats les plus fréquentés au monde. Le musée teamLab Planets, à Tokyo, a reçu en 2024 le titre Guinness du musée consacré à un seul groupe d’artistes le plus visité, avec plus de 2,5 millions de visiteurs sur un an. L’Atelier des Lumières a ouvert à Paris en 2018, et la Sphere de Las Vegas, inaugurée en 2023, couvre sa façade d’un écran de 54 000 m².

La suite est déjà là : en juin 2026, Refik Anadol a ouvert à Los Angeles Dataland, un lieu consacré à l’art des données et de l’IA, installé dans un ensemble dessiné par Frank Gehry, comme le raconte The Art Newspaper (nouvel onglet). Le risque est connu : l’effet spectaculaire peut prendre le pas sur l’œuvre. Pour comprendre ces formes, de la vidéo à la réalité virtuelle, lisez notre article sur l’art numérique, sa définition et son histoire.

Tendance 3 : un art qui compte son carbone

Le climat transforme déjà la façon de produire et de montrer l’art. En 2020, des galeries londoniennes ont fondé la Gallery Climate Coalition, qui vise une baisse d’au moins 50 % des émissions du secteur d’ici 2030 : moins de fret aérien, des caisses réutilisées, des foires repensées. Les musées allongent la durée des expositions et puisent davantage dans leurs propres collections.

Côté création, les artistes travaillent avec des matériaux naturels, recyclés ou vivants, et beaucoup font du climat leur sujet. Ces pratiques ont une histoire, du land art des années 1960 aux œuvres qui réparent un lieu : notre article sur l’art écologique et durable la retrace.

Une autre frontière concerne le vivant lui-même. Le bio-art fait travailler les artistes avec des plantes, des champignons ou des bactéries, parfois avec des laboratoires. L’exemple le plus discuté reste GFP Bunny d’Eduardo Kac, présenté en 2000 : une lapine, Alba, née dans un laboratoire de l’INRA en France avec un gène de méduse fluorescente. Le projet a déclenché un débat éthique qui annonce ceux que soulèveront les biotechnologies dans l’art de demain.

Tendance 4 : le centre de gravité se déplace

Le monde de l’art ne se joue plus seulement entre New York, Londres et Paris. La Chine pèse déjà 14 % du marché, et l’Afrique, dont la population sera la plus jeune du monde, s’est dotée en une décennie d’institutions de premier plan.

Le Maroc y occupe une place visible. Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain a été inauguré à Rabat en octobre 2014, comme le rapportait alors Jeune Afrique (nouvel onglet). Le MACAAL, à Marrakech, se consacre depuis 2016 à l’art contemporain africain, et la foire 1-54 y organise une édition depuis 2018. Au Cap, le Zeitz MOCAA a ouvert en 2017. La ville elle-même devient lieu d’exposition : depuis 2015, le festival Jidar invite chaque printemps des artistes à peindre les murs de Rabat, et sa onzième édition, en avril 2026, a ajouté quinze nouvelles fresques, comme le raconte notre article sur le street art au Maroc. Nos articles sur l’art africain contemporain et sur les artistes marocains contemporains présentent les figures de cette scène.

Des œuvres déjà conçues pour le futur

Certains artistes ne se contentent pas d’imaginer le futur : ils créent des œuvres qui ne seront achevées, lues ou entendues que dans des décennies ou des siècles. Ce sont, au sens littéral, des œuvres d’art du futur.

La bibliothèque de Katie Paterson, à lire en 2114

En 2014, l’artiste écossaise Katie Paterson a fait planter 1 000 arbres dans la forêt de Nordmarka, près d’Oslo. Chaque année, un écrivain remet un manuscrit qui restera inédit ; en 2114, les arbres seront abattus pour imprimer l’anthologie des cent textes, comme l’annonçait The Guardian (nouvel onglet) lors du choix du premier auteur, Margaret Atwood. Les manuscrits sont conservés dans la bibliothèque Deichman d’Oslo, au sein d’une « salle silencieuse » ouverte au public en 2022.

Une musique de mille ans

Depuis le 1er janvier 2000, Longplayer, une composition de Jem Finer, joue sans interruption dans un ancien phare de Londres, à Trinity Buoy Wharf. Elle doit se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2999 sans jamais se répéter.

Des images en orbite et sur la Lune

En novembre 2012, l’artiste américain Trevor Paglen a envoyé en orbite géostationnaire, à bord du satellite EchoStar XVI, un disque de silicium gravé de cent images, The Last Pictures, destiné à rester en orbite longtemps après la fin de service du satellite. En février 2024, Jeff Koons a fait déposer sur la Lune, par l’atterrisseur Odysseus, 125 petites sculptures en acier, Moon Phases. Un précédent existait : en 1971, l’équipage d’Apollo 15 avait laissé sur la Lune Fallen Astronaut, une figurine de Paul Van Hoeydonck.

L’art en 2050 : trois hypothèses raisonnables

À partir des tendances actuelles, on peut formuler trois hypothèses sur l’art de 2050, sans prétendre lire l’avenir.

  1. Le physique et le numérique cohabiteront. La photographie n’a pas tué la peinture, le cinéma n’a pas tué le théâtre. Il est probable que l’IA et l’immersion s’ajoutent aux formes existantes plutôt qu’elles ne les remplacent.
  2. La traçabilité deviendra la norme. Avec la multiplication des images générées, savoir qui a fait quoi, avec quel outil, prendra de la valeur. Le règlement européen sur l’IA impose déjà, depuis août 2026, de signaler certains contenus générés.
  3. L’objet fait main gagnera en valeur symbolique. Plus les images sont abondantes et instantanées, plus la rareté du geste humain se remarque. C’est déjà visible dans le retour de l’art fait main et des savoir-faire artisanaux.

Collectionner aujourd’hui en pensant à demain

Collectionner pour demain, c’est d’abord choisir des œuvres que l’on aimera encore dans vingt ans, sur des supports qui tiendront. Les modes visuelles passent vite ; une œuvre qui porte une idée, un humour ou une histoire traverse mieux le temps.

  • Achetez ce qui vous parle, pas ce qui est censé prendre de la valeur.
  • Vérifiez la solidité : support, cadre, résistance à la lumière.
  • Gardez la documentation : facture, description, dimensions, auteur.
  • Mélangez les époques : une pièce contemporaine dialogue bien avec un meuble ancien ou un objet artisanal.

Le pop art est un bon exemple d’art qui a survécu à son époque : né dans les années 1950 et 1960 de la publicité et de la télévision, il parle toujours aux générations qui ont grandi avec les écrans, comme le montre notre article sur le pop art contemporain et ses tendances. La statuette Splash de Venus Pop en reprend l’énergie, avec ses coulures de peinture figées dans la résine.

Pour un mur, les grands formats de la collection de tableaux pop art, comme Mona Lisa Rockstar, font dialoguer la Renaissance et les néons d’aujourd’hui.

Dans cet article

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’art du futur ?

C’est l’art qui se fera dans les prochaines décennies, et qu’on ne peut décrire qu’à partir des tendances actuelles : usage de l’intelligence artificielle, installations immersives, contrainte climatique, montée des scènes africaines et asiatiques. Certains artistes créent aussi des œuvres destinées au futur, comme la Future Library de Katie Paterson, dont les textes ne seront publiés qu’en 2114.

Quelle est la différence entre art futuriste et art du futur ?

L’art futuriste désigne le futurisme, un mouvement historique né en Italie en 1909 avec le manifeste de Filippo Tommaso Marinetti, qui célébrait la vitesse, la machine et la ville moderne. L’art du futur désigne l’art qui se fera demain. Le premier appartient désormais à l’histoire de l’art ; le second reste à écrire.

Qu’est-ce que le futurisme en art ?

Le futurisme est un mouvement artistique et littéraire lancé par Marinetti le 20 février 1909, avec un manifeste publié à la une du Figaro. Ses peintres et sculpteurs, comme Umberto Boccioni et Giacomo Balla, cherchaient à représenter le mouvement, la vitesse et l’énergie de la vie moderne. Le mouvement s’est ensuite rapproché du fascisme italien.

Quelle est l’œuvre d’art futuriste la plus célèbre ?

La plus connue est la sculpture Formes uniques de la continuité dans l’espace d’Umberto Boccioni (1913), une silhouette qui semble fendre l’air. Le plâtre original est au Brésil, et des fontes en bronze sont conservées notamment au MoMA de New York et à la Tate de Londres. Dynamisme d’un chien en laisse de Giacomo Balla (1912) est aussi très reproduit.

À quoi ressemblera l’art en 2050 ?

Personne ne peut le dire avec certitude. Les tendances actuelles laissent penser que les formes physiques et numériques cohabiteront, que l’origine des images, humaine ou générée, sera davantage tracée, et que l’objet fait main gagnera en valeur symbolique. Le monde de l’art sera aussi plus africain : selon les Nations unies, environ une personne sur quatre vivra en Afrique en 2050.

L’intelligence artificielle est-elle l’avenir de l’art ?

Elle en fera partie, comme la photographie ou la vidéo avant elle, mais rien n’indique qu’elle remplacera les autres formes. En 2025, Christie’s a organisé sa première vente consacrée à l’art réalisé avec l’IA, qui a totalisé 728 784 dollars, tandis que des milliers d’artistes signaient une lettre demandant son annulation. Le débat porte autant sur le droit que sur l’esthétique.

Sources

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L’atelier Venus Pop

Le Journal est écrit par l’atelier Venus Pop, qui sélectionne des tableaux pop art en tirage unique et les monte dans des cadres baroques faits main au Maroc. Chaque article cite ses sources et est relu à chaque mise à jour.

Sommaire

  1. L’essentiel
  2. Art du futur ou art futuriste : ne pas confondre
  3. Ce que disent les chiffres aujourd’hui
  4. Tendance 1 : l’intelligence artificielle, outil et sujet
  5. Tendance 2 : l’art immersif et les lieux-écrans
  6. Tendance 3 : un art qui compte son carbone
  7. Tendance 4 : le centre de gravité se déplace
  8. Des œuvres déjà conçues pour le futur
  9. L’art en 2050 : trois hypothèses raisonnables
  10. Collectionner aujourd’hui en pensant à demain
  11. Questions fréquentes

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