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Art et intelligence artificielle : œuvres, droit d’auteur et outils
Art et intelligence artificielle : définition, œuvres et prix records, droit d’auteur au Maroc, en France et aux États-Unis, outils pour repérer une image IA.

L’essentiel
- L’art généré par IA désigne des images produites par des programmes entraînés sur de grandes quantités d’œuvres et de photos existantes ; l’artiste conçoit le dispositif, rédige les consignes et trie les résultats.
- L’histoire commence tôt : Harold Cohen conçoit son programme de dessin AARON à la fin des années 1960 et le fait évoluer jusqu’en 2016.
- Le Portrait d’Edmond de Belamy, du collectif Obvious, a été adjugé 432 500 dollars chez Christie’s en 2018, pour une estimation de 7 000 à 10 000 dollars.
- Une image produite pour l’essentiel par une machine n’est en général pas protégée par le droit d’auteur, aux États-Unis comme en France ou au Maroc : il faut un auteur humain.
- Aucun détecteur n’est fiable à lui seul : pour repérer une image générée, croisez métadonnées, détails visuels, recherche inversée et contexte.
Sommaire de l’article
- L’essentiel
- Qu’est-ce que l’art généré par IA ?
- Une histoire qui commence dans les années 1960
- Cinq œuvres d’IA qui ont fait date
- Combien vaut une œuvre d’art IA ?
- Qui est l’auteur d’une œuvre créée par IA ?
- Quels outils d’IA pour créer des images ?
- Comment reconnaître une image générée par IA ?
- L’IA va-t-elle remplacer les artistes ?
- Par où commencer : repères pour amateurs et créateurs
- Questions fréquentes
Art et intelligence artificielle font route ensemble depuis plus d’un demi-siècle : dès la fin des années 1960, le peintre Harold Cohen conçoit un programme de dessin qu’il baptise ensuite AARON. Depuis 2022, des générateurs d’images comme Midjourney, DALL·E ou Stable Diffusion ont mis la création assistée par IA à la portée de tous. Trois questions se posent désormais à chaque amateur d’art : qu’est-ce qu’une œuvre d’IA, combien vaut-elle, et à qui appartient-elle ? Voici des réponses précises, des exemples documentés, l’état du droit et les outils.
Qu’est-ce que l’art généré par IA ?
L’art généré par IA désigne des images, des vidéos ou des sons produits par un programme d’apprentissage automatique, entraîné sur de très grandes quantités d’images existantes. L’artiste ne trace pas chaque forme : il choisit l’outil ou le construit, sélectionne les données, rédige les consignes (les « prompts »), trie les résultats et décide de la forme finale.
Trois pratiques sont souvent confondues :
- L’art génératif : l’artiste écrit des règles, et l’ordinateur les exécute avec une part de hasard. La Tate le définit comme un art produit à l’aide d’un système prédéterminé. Il existe depuis les années 1960, bien avant l’IA actuelle, comme le raconte notre article sur l’histoire de l’art numérique.
- L’IA générative : le programme n’applique pas des règles écrites à la main, il a appris des régularités statistiques à partir d’exemples. Les réseaux antagonistes génératifs (GAN), décrits par Ian Goodfellow et ses collègues en 2014, puis les modèles de diffusion en sont les deux grandes familles.
- L’art qui prend l’IA pour sujet : certains artistes n’utilisent l’IA que pour en montrer les biais, les données cachées ou les effets politiques.
Une histoire qui commence dans les années 1960
L’art de l’IA n’est pas né avec ChatGPT. Il a plus d’un demi-siècle, et ses étapes éclairent les débats d’aujourd’hui.
Repères de l’art et de l’IA
- 1973 Harold Cohen baptise AARON le programme de dessin qu’il a imaginé à la fin des années 1960. Il le fera évoluer jusqu’à sa mort, en 2016.
- 2014 Ian Goodfellow et ses collègues décrivent les réseaux antagonistes génératifs (GAN).
- 2015 Google publie DeepDream, dont les images hallucinées circulent massivement en ligne.
- 2018 Le Portrait d’Edmond de Belamy, du collectif français Obvious, est vendu chez Christie’s à New York.
- 2019 Trevor Paglen et Kate Crawford exposent à Milan les images qui servent à entraîner les IA.
- 2021 OpenAI présente DALL·E, qui crée des images à partir d’un texte.
- 2022 Midjourney et Stable Diffusion s’ouvrent au grand public ; Refik Anadol installe Unsupervised au MoMA.
- 2024 Un portrait d’Alan Turing peint par le robot Ai-Da dépasse le million de dollars chez Sotheby’s.
- 2025 Christie’s organise une vente entièrement consacrée à l’IA, contestée par des milliers d’artistes.
- 2026 La Cour suprême des États-Unis refuse d’examiner l’affaire Thaler ; les règles européennes de transparence sur les contenus générés entrent en application.
Cinq œuvres d’IA qui ont fait date
Ces cinq exemples, tous documentés, montrent la variété de l’art lié à l’IA : du programme-peintre à l’œuvre critique.
AARON, d’Harold Cohen
Harold Cohen (1928-2016), peintre britannique installé en Californie, a passé plus de quarante ans à écrire et réécrire AARON, un logiciel qui produit des dessins puis des compositions en couleur, tracés par des machines. Cohen ne le voyait pas comme un simple outil, mais comme un système dont il fixait les règles et qu’il ne cessait d’enrichir. Le Whitney Museum de New York lui a consacré du 3 février au 19 mai 2024 l’exposition « Harold Cohen : AARON » (nouvel onglet), avec des machines qui dessinaient en direct.
Le Portrait d’Edmond de Belamy, d’Obvious
Ce portrait flou d’un homme en redingote, signé d’une formule mathématique, a été produit par un GAN nourri de 15 000 portraits peints entre le XIVe et le XXe siècle. Estimé 7 000 à 10 000 dollars, il a été adjugé 432 500 dollars chez Christie’s à New York le 25 octobre 2018, comme le raconte l’article de Christie’s consacré à l’œuvre (nouvel onglet). La vente a aussi lancé une polémique : le collectif avait repris, presque sans modification et sans le citer au départ, un code publié en libre accès par un jeune programmeur, Robbie Barrat.
Les portraits sans fin de Mario Klingemann
Pour Memories of Passersby I, l’artiste allemand a conçu un meuble en bois relié à deux écrans, où un réseau de neurones génère en continu des portraits qui ne se répètent jamais. Le dispositif a été vendu chez Sotheby’s à Londres le 6 mars 2019, pour 40 000 livres frais compris.

Un artiste et une chercheuse enquêtent sur les données
En 2019, avec l’exposition « Training Humans », l’artiste Trevor Paglen et la chercheuse Kate Crawford ont montré à la Fondazione Prada de Milan les photographies qui servent à entraîner les systèmes de reconnaissance d’images. Leur application ImageNet Roulette montrait comment la base de données ImageNet étiquetait les visages, parfois de façon raciste ou insultante. Quelques jours après sa diffusion, ImageNet a annoncé retirer plus de 600 000 images de personnes, selon The Art Newspaper (nouvel onglet).
Unsupervised, de Refik Anadol
L’artiste turco-américain a entraîné un modèle sur les archives visuelles de la collection du MoMA. Le résultat, des formes colorées en mouvement permanent projetées sur un écran géant dans le hall du musée, a été présenté du 19 novembre 2022 au 29 octobre 2023, puis est entré dans la collection du MoMA grâce à un don.
Combien vaut une œuvre d’art IA ?
Une image générée en quelques secondes n’a en général aucune valeur marchande : elle est reproductible à l’infini. Les prix élevés concernent des œuvres signées par des artistes ou des collectifs identifiés, uniques ou en édition limitée, avec une histoire.
| Œuvre | Artiste | Vente | Prix (frais compris) |
|---|---|---|---|
| Portrait d’Edmond de Belamy | Obvious | Christie’s New York, octobre 2018 | 432 500 dollars |
| Memories of Passersby I | Mario Klingemann | Sotheby’s Londres, mars 2019 | 40 000 livres |
| A.I. God. Portrait of Alan Turing | Ai-Da (robot) | Sotheby’s New York, novembre 2024 | 1 084 800 dollars |
| Vente « Augmented Intelligence » (34 lots) | Divers artistes | Christie’s en ligne, mars 2025 | 728 784 dollars au total |
| Living Memory : Messi, A Goal in Life | Refik Anadol | Christie’s en ligne, vente caritative, juillet 2025 | 1,87 million de dollars |
La vente de Christie’s de 2025 a d’ailleurs été précédée d’une lettre ouverte d’artistes demandant son annulation, au motif que les modèles utilisés avaient été entraînés sur des œuvres protégées sans autorisation ; elle avait recueilli près de 6 500 signatures à la clôture.
Ce qui fait la valeur, ce n’est donc pas la technique mais ce qui l’entoure : la réputation de l’artiste, la rareté, la qualité de l’objet physique quand il existe, et la place de l’œuvre dans l’histoire. C’est le même raisonnement que pour la différence entre un tirage sur toile et un tableau original.
Qui est l’auteur d’une œuvre créée par IA ?
Dans la plupart des pays, une image produite pour l’essentiel par une machine n’a pas d’auteur au sens du droit d’auteur : la protection suppose un auteur humain dont les choix créatifs se voient dans l’œuvre. Plus l’intervention humaine est forte (dessin, retouche, composition, sélection), plus une protection devient possible.
Aux États-Unis : l’humain d’abord
Les États-Unis ont produit les décisions les plus claires.
- Zarya of the Dawn (février 2023) : l’Office du droit d’auteur protège le texte de cette bande dessinée ainsi que la sélection et l’agencement des images, mais pas les images produites avec Midjourney.
- Théâtre D’opéra Spatial : Jason M. Allen a remporté en 2022 un premier prix d’art numérique à la foire de l’État du Colorado avec une image Midjourney. L’Office a refusé de l’enregistrer en septembre 2023 ; l’artiste conteste ce refus devant un tribunal fédéral depuis 2024.
- Thaler contre Perlmutter : la cour d’appel fédérale de Washington a confirmé le 18 mars 2025 qu’une image créée par une machine, la « Creativity Machine », sans auteur humain, ne peut pas être protégée. Le 2 mars 2026, la Cour suprême a refusé d’examiner l’affaire.
- Rapport de janvier 2025 : l’Office du droit d’auteur estime qu’avec les outils actuels, une consigne écrite ne suffit pas, à elle seule, à faire de l’utilisateur l’auteur de l’image.
En France et dans l’Union européenne
En France, le Code de la propriété intellectuelle (article L111-1) protège l’auteur d’une œuvre de l’esprit « du seul fait de sa création », et la jurisprudence exige qu’elle soit originale, c’est-à-dire qu’elle porte l’empreinte de la personnalité de son auteur. Une image entièrement produite par une machine remplit difficilement ce critère. Aucune décision de justice française n’a encore tranché le cas d’une image générée.
L’Union européenne agit sur deux autres terrains. La directive de 2019 sur le droit d’auteur autorise la fouille de textes et de données pour entraîner des modèles, sauf si l’auteur s’y est opposé, par exemple de façon lisible par machine. Le règlement européen sur l’IA impose, depuis le 2 août 2026, que les « deepfakes » et certains contenus générés soient signalés comme tels, selon les explications de la Commission européenne sur l’article 50 (nouvel onglet).
Au Maroc
Au Maroc, la loi n° 2-00 relative aux droits d’auteur et droits voisins, modifiée en 2006 puis en 2022 et dont le Bureau marocain du droit d’auteur (BMDA) assure la gestion, définit l’auteur comme « la personne physique qui a créé l’œuvre ». Aucune disposition ne vise encore expressément l’IA : une image produite sans apport créatif humain reste donc, en principe, hors du champ de la protection.
Les procès des artistes contre les générateurs
En parallèle, des artistes et des entreprises attaquent les générateurs pour l’utilisation de leurs œuvres à l’entraînement. Aux États-Unis, les illustratrices Sarah Andersen, Kelly McKernan et Karla Ortiz poursuivent depuis janvier 2023 Stability AI, Midjourney et d’autres sociétés ; le procès est prévu pour 2027. En juin 2025, Disney et Universal ont à leur tour assigné Midjourney, suivis en septembre par Warner Bros. Discovery. Au Royaume-Uni, la Haute Cour a en grande partie donné tort à Getty Images face à Stability AI le 4 novembre 2025, en jugeant que le modèle ne stockait pas de copies des photos.
Quels outils d’IA pour créer des images ?
Les générateurs d’images se ressemblent en apparence, mais diffèrent par leurs données d’entraînement, leur licence et le contrôle qu’ils laissent à l’utilisateur. Le tableau ci-dessous présente les plus utilisés.
| Outil | Éditeur | Lancement public | Particularité |
|---|---|---|---|
| DALL·E, puis ChatGPT | OpenAI | Janvier 2021 ; la création d’images passe aujourd’hui par ChatGPT | Suit bien les consignes écrites |
| Midjourney | Midjourney | Juillet 2022 | Rendu très travaillé, prisé des illustrateurs |
| Stable Diffusion | Stability AI | Août 2022 | Modèle ouvert, installable sur son ordinateur |
| Firefly | Adobe | Mars 2023 | Entraîné sur la banque Adobe Stock, des contenus sous licence ouverte et le domaine public |
Côté artistes, deux outils gratuits de l’université de Chicago cherchent à protéger les œuvres mises en ligne : Glaze (2023) brouille le style d’une image pour les IA, Nightshade (2024) « empoisonne » les données d’entraînement. Si vous préférez garder la main sur chaque trait, la tablette graphique reste l’outil de base : notre article pour débuter en digital painting explique comment s’équiper.
Comment reconnaître une image générée par IA ?
Il n’existe pas de méthode infaillible pour savoir si une photo est générée par IA, mais plusieurs indices combinés donnent une bonne idée. Les détecteurs automatiques en ligne se trompent souvent : ne vous fiez jamais à un seul.
- Vérifiez les « Content Credentials » : de plus en plus d’outils inscrivent dans le fichier des métadonnées au standard C2PA qui signalent l’usage d’une IA. Google ajoute en outre à ses images un filigrane invisible, SynthID.
- Regardez les détails : mains et doigts, dents, oreilles, bijoux, textes et logos déformés, reflets incohérents, ombres qui ne suivent pas la lumière.
- Observez l’arrière-plan : objets qui fusionnent, architecture impossible, foule aux visages flous.
- Faites une recherche d’image inversée : une vraie photo d’actualité a en général une source, un auteur, d’autres angles.
- Interrogez le contexte : qui publie, quand, et pourquoi ? Une image trop parfaite, trop dramatique ou trop opportune mérite un doute.
L’IA va-t-elle remplacer les artistes ?
L’IA remplace déjà certaines tâches, surtout dans l’illustration commerciale et le concept art, mais elle ne remplace pas une démarche d’artiste. Les métiers les plus exposés sont ceux où l’on commande une image rapide et bon marché ; les plus solides sont ceux où l’on achète un regard, une signature, une histoire.
L’art a déjà connu ce débat. En 1859, Baudelaire consacre un chapitre de son Salon à « la photographie et le public moderne », comme le rappelle l’Encyclopædia Universalis (nouvel onglet) ; il y voit une industrie qui menace l’imagination des peintres. La photographie a fini par libérer la peinture du devoir de ressemblance. Un siècle plus tard, Andy Warhol faisait de la reproduction mécanique sa méthode, comme le raconte notre histoire du pop art et de ses artistes.
René Magritte avait formulé le problème dès 1929 avec La Trahison des images : sous une pipe peinte, il écrit « Ceci n’est pas une pipe ». Une image n’est pas la chose qu’elle montre. Le tableau est conservé au Los Angeles County Museum of Art (nouvel onglet). La leçon vaut pour une « photo » générée par IA, qui n’a photographié personne.
Par où commencer : repères pour amateurs et créateurs
Pour aborder l’art et l’IA sans naïveté ni rejet de principe, quelques réflexes suffisent.
- Si vous achetez une œuvre liée à l’IA : demandez qui en est l’auteur, quelle a été la part humaine, s’il s’agit d’une pièce unique ou d’une édition, et quels droits vous sont cédés.
- Si vous créez avec l’IA : gardez vos fichiers de travail et vos étapes, signalez l’usage de l’IA, et ne présentez pas comme une photo ce qui n’en est pas une.
- Si vous diffusez vos œuvres en ligne : protégez les images avant de les publier, et lisez notre article sur l’art et les réseaux sociaux pour comprendre ce que les plateformes font de vos images.
- Si vous voulez voir plus loin : notre article sur l’art du futur replace l’IA parmi les autres tendances qui transforment la création.
Au Maroc, le sujet entre aussi dans les lieux de formation : en novembre 2025, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) a consacré la deuxième édition de son Festival des arts numériques, à Benguerir et Khouribga, au thème « Art et intelligence artificielle : convergences et ruptures ».
Le pop art a toujours joué avec les images des autres, de la Joconde aux personnages de dessins animés. La collection de tableaux pop art de Venus Pop en donne des exemples, comme Mona Lisa Rockstar ou Sticker Mania, des tirages uniques sur toile dans un cadre baroque fait main.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’art généré par IA ?
C’est un art dont les images, vidéos ou sons sont produits par un programme d’apprentissage automatique, entraîné sur de très grandes quantités d’images existantes. L’artiste ne trace pas chaque forme : il choisit ou construit l’outil, sélectionne les données, rédige les consignes et décide du résultat final. On le distingue de l’art génératif, où l’artiste écrit lui-même les règles que l’ordinateur exécute.
Combien vaut une œuvre d’art créée par IA ?
La plupart des images générées n’ont aucune valeur marchande, car elles sont reproductibles à l’infini. Quelques œuvres signées ont atteint des prix élevés : 432 500 dollars pour le Portrait d’Edmond de Belamy chez Christie’s en 2018, 1 084 800 dollars pour un portrait d’Alan Turing par le robot Ai-Da chez Sotheby’s en 2024, 1,87 million pour une œuvre de Refik Anadol vendue au profit d’une association en 2025.
Une image générée par IA est-elle protégée par le droit d’auteur ?
En général, non, si la machine a fait l’essentiel. Aux États-Unis, l’Office du droit d’auteur estime qu’une consigne écrite ne suffit pas à faire de l’utilisateur un auteur. En France, une œuvre doit porter l’empreinte de la personnalité de son auteur, et au Maroc la loi 2-00 définit l’auteur comme une personne physique. Les retouches et choix humains visibles peuvent, eux, être protégés.
Comment savoir si une photo est générée par IA ?
Croisez plusieurs indices : métadonnées Content Credentials qui signalent l’usage d’une IA, détails incohérents (mains, textes, reflets, ombres), arrière-plans flous ou impossibles, recherche d’image inversée pour retrouver une source, et contexte de publication. Les détecteurs en ligne se trompent souvent : ne vous fiez jamais à un seul outil.
Quels outils utiliser pour créer de l’art avec l’IA ?
Les générateurs d’images les plus utilisés sont Midjourney, les outils d’OpenAI (DALL·E puis ChatGPT), Stable Diffusion, modèle ouvert installable sur son ordinateur, et Adobe Firefly, entraîné sur des images sous licence ou libres de droits. Pour protéger leurs œuvres en ligne, des artistes utilisent Glaze et Nightshade, deux outils gratuits de l’université de Chicago.
L’IA va-t-elle remplacer les artistes ?
Elle remplace déjà certaines tâches, surtout dans l’illustration commerciale et le concept art, où l’on commande des images rapides. Elle ne remplace pas une démarche d’artiste : un regard, une intention, une signature. L’histoire offre un précédent avec la photographie, accusée au XIXe siècle de menacer la peinture, qui a fini par l’affranchir du devoir de ressemblance.
Sources
- Christie’s, lot « Edmond de Belamy, from La Famille de Belamy » (2018) (nouvel onglet)
- Tate, « Generative art » (glossaire) (nouvel onglet)
- U.S. Copyright Office, « Copyright and Artificial Intelligence, Part 2: Copyrightability » (janvier 2025) (nouvel onglet)
- OMPI (WIPO Lex), loi marocaine n° 2-00 relative aux droits d’auteur et droits voisins (nouvel onglet)
- Commission européenne, obligations de transparence de l’article 50 du règlement sur l’IA (nouvel onglet)
- The Art Newspaper, vente « Augmented Intelligence » de Christie’s (mars 2025) (nouvel onglet)





